Passer le bac en langue régionale : les voyants sont au vert

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Lundi 12 janvier, une délégation basque regroupant les écoles immersives en langue basque, sera reçue par le ministre de l’Éducation Édouard Geffray. Au cœur des échanges : la possibilité de passer le bac en langue régionale.

Texte issu du communiqué de Seaska, fédération regroupant regroupant les écoles immersives en langue basque – ikastola.

Le ministre de l’Éducation nationale recevra les parlementaires du Pays Basque lundi 12 janvier. La possibilité de présenter des épreuves du baccalauréat en langues régionales seront au cœur des échanges entre le ministre de l’Éducation nationale, les parlementaires du Pays Basque et l’Office public de la langue basque.

Lundi prochain, 12 janvier, les parlementaires du Pays Basque ainsi que les représentants de l’Office public de la langue basque, seront reçus par le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, rue de Grenelle, au ministère de l’Éducation nationale à Paris. Les discussions porteront sur l’enseignement en langue basque et sur la possibilité pour les élèves de présenter des épreuves du baccalauréat en euskara, notamment les épreuves de spécialité et le grand oral.

Nommé ministre de l’Éducation nationale le 12 octobre dernier, Édouard Geffray est également le signataire de la circulaire du 17 décembre 2021 relative à l’enseignement des langues dites régionales.

À l’époque directeur général de l’enseignement scolaire (DGESCO), sous l’autorité du ministre Jean-Michel Blanquer, il avait œuvré à la mise en place de ce cadre réglementaire.

Au lendemain de la loi Molac, partiellement censurée par le Conseil constitutionnel, cette circulaire avait permis de reconnaître l’enseignement immersif comme méthode pédagogique dans le cadre de l’enseignement bilingue. Elle précise notamment que « les élèves ayant suivi ce cursus bilingue peuvent présenter au baccalauréat des épreuves en langue régionale ».

Nous attendons que le ministre honore ses engagements

Nous attendons donc que le ministre honore cet engagement et ouvre concrètement la possibilité, pour les élèves qui le souhaitent, de composer en euskara (langue basque) lors des épreuves du baccalauréat.

Le ministre sera accompagné du recteur de l’Académie de Bordeaux, Jean-Marc Huart, lui aussi ancien directeur général de l’enseignement scolaire. À la suite de la Danborrada organisée à Bayonne le 23 mai dernier, qui avait réuni près de 5 000 personnes, le recteur s’était publiquement engagé à œuvrer pour de réelles avancées concernant le baccalauréat en langue basque. Il s’agit notamment de permettre aux élèves de composer en euskara lors des épreuves de spécialité et du grand oral.

La fédération des ikastola du Pays Basque Nord, scolarise 4300 élèves dans 39 écoles.

Le 2 juin 2025, une réunion s’est tenue au rectorat de Bordeaux entre la DGESCO, le rectorat et l’Office public de la langue basque. Les enseignants bascophones des lycées publics et privés, dans les différentes spécialités du baccalauréat, y ont été identifiés. Il a été confirmé qu’il existait un nombre suffisant d’enseignants qualifiés dans plusieurs disciplines pour permettre la tenue d’épreuves écrites et orales en langue basque.

Le gouvernement ne s’oppose pas à la tenue des épreuves en langue régionale

Le 12 juin 2025, une rencontre à Matignon avec les services du Premier ministre a également confirmé que le gouvernement ne s’opposerait pas à la tenue d’épreuves en euskara, sous réserve de la disponibilité d’un nombre suffisant de correcteurs.

Par ailleurs, à compter de la session du baccalauréat 2026, une épreuve anticipée de mathématiques sera introduite. La possibilité de présenter l’épreuve de mathématique en langue basque avait été acquise dès 2012, par décision du ministre de l’Éducation nationale et porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.

Or, l’arrêté publié en septembre fixant les modalités de cette épreuve anticipée ne précise aucune langue de composition, ni le français ni les langues régionales. En l’absence d’indications contraires, et au regard des engagements pris, les élèves ont donc commencé à préparer cette épreuve de mathématiques en euskara.

Le 24 septembre 2025, les parlementaires du Pays Basque avaient été reçus par la ministre Élisabeth Borne, qui s’était engagée auprès des parlementaires à répondre de façon positive à leurs demandes, avant de quitter le gouvernement, sans pouvoir officialiser cette position.

Aujourd’hui, tous les voyants sont au vert pour autoriser la tenue d’épreuves du baccalauréat en langue basque, conformément à la circulaire signée par le ministre lui-même.

Enfin, la délégation du Pays Basque devrait obtenir des garanties sur les dotations en enseignants pour la rentrée 2026. Si la rentrée 2025 a pu être assurée grâce à des dotations horaires supplémentaires, les effectifs des ikastola (écoles immersives en langue basque) continuent de progresser, et les moyens doivent suivre afin de garantir un enseignement de qualité en langue basque.

SEASKA est membre de Institut Supérieur des Langues de la République Française – ISLRF

SEASKA est membre de l’institut ISLRF organisme de formation des enseignants du réseau Eskolim composé des organisations Bretonne (Diwan), Occitane (Calandretas), Catalane (Bressola), Alsacienne (ABCM) et Corse (Scola corsa).
Cet institut se charge, entre autres, de la gestion administrative des postes attribués au concours des enseignant(e)s, propres aux écoles immersives du réseau Eskolim.